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Urban Riders, Mohamed Bourouissa

Musée d’Art Moderne de la ville de Paris / Du 26 janvier au 22 avril 2018

 

Le Musée d’Art Moderne de Paris consacre une exposition à un artiste majeur de sa génération, Mohamed Bourouissa et son oeuvre, Urban Riders.

 

Depuis toujours fasciné par l’humain, Mohamed Bourouissa a toujours donné à l’observation de la société et à celle des pratiques collectives une importance capitale dans ses oeuvres.

 

Toujours dans des thèmes marquants et forts, il bousculait nos pensées en 2008 avec Temps Mort, projet pour lequel il entrait en contact avec un homme incarcéré, développait avec lui une correspondance et lui demandait de photographier et de filmer autour de lui.

 

Dans Périphériques, il recentrait sa vision sur ses amis et ses voisins qu’il mettait en scène dans les banlieues de Paris dans la vie de tous les jours.

 

Mais cette fois-ci, c’est lors d’une résidence de 8 mois qu’il s’est intéressé aux écuries associatives de “Fletcher Street”, à Philadelphie. Fondées par des cavaliers afro-américain, ces écuries accueillent les jeunes adultes du quartier et offrent un refuge aux animaux abandonnés.

 

Mohamed Bourouissa s’est imprégné de cette culture, de l’histoire du lieu, mais aussi de certaines images, comme celle des cowboy et de la conquête des espaces.

 

A la base simple projet de production d’image sur ces Urban Riders, l’idée d’en faire un court-métrage germe dans l’esprit du jeune artiste.

 

Ainsi, il organise le Horse Day (la journée du cheval) : un concours de parade et un formidable moyen d’impliquer les cavaliers et les habitants du quartier. Les préparatifs et le déroulement du Horse Day sont le sujet de ce film.

 

Le parallèle avec les cowboy noirs est facile à faire et pour cause, les même thèmes ressortent de ces deux sujets : l’appropriation des territoires, le pouvoir. On pensera aussi au Buffalo Soldiers, chanté par Bob Marley, ces soldats noirs libres qui ont combattu les confédérés du Sud aux côtés des unionistes du Nord pendant la Guerre de Sécession

 

Formée en circuit en boucle, l’exposition invite donc à voir tout le travail de l’artiste puisque le film lui-même est entouré de pas moins de 80 pièces allant du croquis au story-board du film. La présentation est aussi très soignée, on remarquera par exemple que les parallèles chers à l’artiste se montrent quand, à côté d’aquarelles et de photographies montrant les costumes des chevaux, l’on voit, jonchés sur le sol, des élément de carrosserie, rappelant le tuning, affirmant de ce fait un élément clé pour comprendre qui est Mohamed Bourouissa : un artiste qui travaille la culture populaire, au sens du commun des humains, et qui se l’approprie.

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