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Back on track

Victoria Niki

Marcher, résister, créer…

D’origine moldave, je vis et travaille en France depuis 10 ans. À travers le récit, le son, l’installation, la cartographie, le dessin et la peinture, je me questionne sur le rôle du territoire et du déplacement dans notre société. Ainsi, la traversée de pays et territoires qui me sont inconnus, alimentent ma réflexion et mon travail artistique.
Je suis fascinée par l’idée que les souvenirs des lieux que nous avons connus par le passé, nous habitent continuellement et que de façon quasi-imperceptible ils influent sur notre présent. Les lieux nous habitent au-delà du temps où nous y avons réellement vécu. En écho à l’actualité, des migrants, mon propre passé ressurgit en moi et c’est pour cette raison que je souhaite, par la marche, « revenir en arrière », sur le territoire de mon enfance, afin de renouer des liens avec mes racines enfouies.
Le projet Back on track est une forme de performance qui consiste à parcourir à pied, depuis mon domicile actuel (Ax-les-Thermes), plusieurs chemins pour de relier la France, mon pays d’adoption à la Moldavie, mon pays d’origine. Afin d’y parvenir je vais emprunter principalement les chemins de Saint-Jacques de Compostelle, en sens inverse de la démarche habituelle. Faire son propre chemin cela peut être aussi défier le sens « normal » du chemin, emprunté la plupart du temps.
Équipée d’un sac à dos, d’une tente et du strict nécessaire en plus du matériel artistique, cette performance sera découpée en 6 étapes. Chaque étape correspond à un pays : la France ; l’Italie ; l’Autriche ; la Hongrie ; la Roumanie et la Moldavie jusqu’à la capitale (Chisinau).
Ce projet, dans son intégralité, consiste à faire au total un peu plus de 3 800 km et se fera sur plusieurs années, le but n’étant pas d’aller au plus vite mais d’y arriver. Je vais effectuer la première étape de ce parcours (830km) de juillet et jusqu’à septembre 2017 pour arriver à la frontière Italienne au niveau de Montgenèvre.
Au-delà de la performance physique, c’est un retour aux origines. Un retour, de la manière la plus lente, la marche, afin de permettre aux souvenirs enfouis de refaire surface. À travers ce projet je parle de l’exil, mais aussi de la réconciliation avec son point de départ et ses premières racines.
La marche est avant tout un rythme dont la lenteur invite à trouver sa propre cadence et être à l’écoute de son corps. Si, comme le disais Kundera, « Il y a un lien secret entre la lenteur et la mémoire, entre la vitesse est l’oubli. » et que « le degré de la lenteur est directement proportionnel à l’intensité de la mémoire » alors, la marche de par sa lenteur, serait une façon de lutter contre l’oubli.
Une fois accomplie, cette marche, sera la matière qui me servira à créer des nouvelles oeuvres qui seront partagées avec le public sous la forme d’expositions.

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