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1907, Quand Atget photographiait Rouen

Né le 02 février 1857, Eugène Atget débute la photographie en 1888 et, vers 1890, commence à réaliser en autodidacte des documents photographiques pour les artistes. Il photographie d’abord des paysages et des végétaux.
Dans une annonce en 1892, il décrit ainsi son travail : « Paysages, animaux, fleurs, monuments, documents, premiers plans pour artistes, reproductions de tableaux, déplacements. Collection n’étant pas dans le commerce. »

Saviez-vous que le célèbre photographe parisien Eugène Atget avait aussi immortalisé Rouen ? Au milieu de la décennie 1900, il se rend dans la capitale Normande, où il réalise une cinquantaine de clichés : vieilles maisons à pans de bois, rues pittoresques, élégants hôtels particuliers. Ses images, numérisées par la Bibliothèque municipale et disponibles sur Gallica, nous entraînent dans un Rouen méconnu, et, bien souvent, disparu.

Eugène Atget, Maisons: 28-30, rue du Bac et rue Saint-Patrice., 1907, Bibliothèque municipale de Rouen, Est. rec. m 171-11.

 
D’Eugène Atget, je vous ai déjà à plusieurs reprises parlé sur ce blog : pour dresser son portrait et les contours de son œuvre, dans ce billet, ou bien encore pour scruter les détails de certaines de ses photographies, dans cet autre article. Depuis longtemps, je savais qu’Atget, célèbre pour ses clichés du Vieux Paris, avait aussi photographié Rouen : quelques clichés du corpus normand, appartenant à la Bibliothèque de l’École des Beaux-Arts se trouvent sur Gallica depuis 2002.
La mise en ligne récente des cinquante clichés d’Atget conservés par la Bibliothèque municipale de Rouen permet désormais d’explorer la totalité des vues rouennaises du photographe. Amoureuse de la cité et grande admiratrice d’Atget, j’ai géolocalisé ces images afin de les rendre plus aisément accessibles. Dans la carte interactive ci-dessous, apparaissent en bleu les monuments encore debout, et en rouge ceux qui ont été détruits ou déplacés depuis qu’Atget les a immortalisés. La géolocalisation correspond approximativement à l’emplacement où le photographe a posé son trépied, et non à la localisation du monument photographié. Quand il existe plusieurs vues très proches d’un monument, les clichés secondaires sont matérialisés par une épingle afin de rendre la carte plus lisible.
Chaque photographie est commentée. Pour cette tâche, je me suis notamment appuyée sur une brochure éditée en 1982 suite à une exposition sur Atget qui s’était tenue à la bibliothèque de Rouen en 1979.
 

L’origine bien mystérieuse de la campagne photographique de Rouen

Qu’est-ce qui a pu pousser Atget, si ancré dans le Vieux Paris, à délaisser le temps d’un séjour la capitale pour notre cité normande ? Voulait-il élargir son catalogue aux villes des environs ? On sait qu’il s’est aussi aventuré en Picardie, photographiant Amiens et Beauvais. Espérait-il vendre ses clichés aux institutions et amateurs parisiens ? Ou bien pensait-il conquérir une nouvelle clientèle, Rouen comptant alors bien des érudits fervents défenseurs du patrimoine ?
Il est fort possible que ce soit l’un de ces amateurs locaux qui ait attiré Atget à Rouen, lui passant directement commande, même si l’on sait qu’il était rare, pour notre photographe, de fonctionner ainsi.
En 1979, lors de l’exposition à la Bibliothèque municipale de Rouen, la conservatrice d’alors penchait pour cette hypothèse et voyait même dans le « bourgeois à la barbe », qui apparaît à plusieurs reprises sur les clichés, le commanditaire probable de la série. Mais qui est-il ce « bourgeois à la barbe » ? On a proposé d’y identifier l’érudit local Gaston Le Breton qui, en cette première décennie du XXe siècle, était directeur des musées de Rouen et du musée des Antiquités de Seine-Inférieure. Cet homme était aussi l’un des fondateurs de la Société des Amis des Monuments Rouennais, très active, dès cette époque, dans la sauvegarde du patrimoine local. Le profil correspond donc parfaitement, mais aucun document (en 1982…) ne venait étayer cette hypothèse. Le carnet d’adresses d’Atget, conservé à New York, fournirait peut-être des pistes…

Si Gaston Le Breton est bien le commanditaire des photographies, agissait-il pour son compte propre, ou pour l’une des institutions dont il avait la charge ? À moins que ce ne soit pour la Société des Amis des Monuments Rouennais. Atget vendait alors autant aux institutions patrimoniales qu’aux Sociétés savantes et aux amateurs éclairés…
Les photographies rouennaises d’Atget figurent-elles dans les collections de l’une de ces institutions, sans qu’on le sache ? C’est possible, car Atget les vendait comme documents et non comme œuvres : elles ont donc pu être acquises et classées comme telles, sans qu’en soit précisé l’auteur. C’est ainsi que, régulièrement, ces dernières décennies, des bibliothèques ont découvert posséder des clichés d’Atget dont elles ignoraient l’existence, noyés dans d’immenses séries topographiques…

Eugène Atget, Hôtel Scot de La Mésangère: 113, rue du Gros Horloge, 1907, Bibliothèque municipale de Rouen, Est. rec. m 171-17.

 
Les cinquante clichés de la Bibliothèque municipale de Rouen ont été acquis bien après la mort du photographe, en 1952, auprès d’un libraire parisien qui mettait sur le marché 15 000 tirages d’Atget — leur provenance exacte semble malheureusement inconnue : elle serait précieuse. Atget a-t-il vendu ces clichés rouennais à d’autres institutions ? À l’école des Beaux-Arts, assurément, mais sinon ? Autant d’informations précieuses qui permettraient de mieux situer le contexte de réalisation de cette campagne normande…
Car elle est bien méconnue, cette campagne : en 1979, lors de l’exposition à la Bibliothèque municipale, on ignorait même sa date exacte. On la situe entre 1902 et 1908, sur la base d’infimes détails relevés dans les photos : telle grille n’a été installée devant la fontaine Saint-Maclou qu’en 1903, tel monument a été démoli en 1908… Aujourd’hui, dans les catalogues de bibliothèques que j’ai pu consulter, la datation des clichés fluctue : 1907 pour la Bibliothèque de Rouen, 1905, 1907 ou 1908 pour celle de l’Ecole des Beaux-Arts. De nouveaux éléments sont-ils venus éclairer les historiens de la photographie et les catalogueurs ?

Eugène Atget, Lycée Corneille, ancien Collège des Jésuites, pavillon d’entrée: rue Louis Ricard., 1907, Bibliothèque municipale de Rouen, Est. rec. m 171-26

 
Il semble cependant que tous les clichés résultent du même séjour : il s’est déroulé à la fin du printemps ou à l’été, à en juger par la verdure sur les arbres. En 1979, Claire Fons avançait une date fin juin ou mi-juillet, le lycée Corneille apparaissant pavoisé, soit pour la fête nationale, soit pour la remise des prix…
 

Promenade dans les rues de Rouen

Mais que photographie Atget, dans les rues de Rouen ? Le pittoresque de la Cité, l’ancienneté de ses maisons, la qualité de ses ornements avaient tout pour charmer son œil, si habitué déjà à immortaliser les vieux quartiers menacés.

À Paris, on le sait, Atget réalise un véritable inventaire, rue par rue, maison par maison : à la vue d’ensemble succède le détail, retraçant le parcours d’un promeneur. Dans la capitale, Atget effectue ses repérages grâce à des guides, dont le célèbre Guide pratique du Vieux Paris du Marquis de Rochegude. A-t-il recours à un livre équivalent pour Rouen ? Les éditions de guides locaux ne manquent pas à l’époque (et l’on peut en consulter quelques-uns sur Gallica et Rotomagus, la bibliothèque numérique de Rouen). Mais, plus qu’un livre imprimé, c’est certainement un érudit local qui a guidé les pas — et l’objectif — de notre photographe. S’il n’est pas le commanditaire des clichés, le bourgeois à la barbe, qui revient d’image en image, est assurément le cicérone de notre homme !
Que photographie donc Atget, dans nos rues ? La cartographie permet de reconstituer son itinéraire. Le lecteur sera peut-être surpris de n’y voir ni la cathédrale ni le Gros-Horloge, deux monuments emblématiques de la Cité. C’est probablement que ces monuments, justement, du fait de leur célébrité, avaient été maintes fois photographiés. À quoi servait-il d’en proposer de nouveaux clichés ?
Le commanditaire — ou les clients d’Atget, s’il agissait pour son propre compte — pouvait aisément trouver sans peine des images sur le marché.

Eugène Atget, Hôtel Romé, ancienne Cour des Comptes (avant restauration): 14, rue des Carmes, 1907, Bibliothèque municipale de Rouen, Est. rec. m 171-09

 
Atget se concentre donc sur des éléments du patrimoine moins célèbres — les hôtels particuliers du XVIIe siècle par exemple — ou sur des détails dont il devait, alors, être difficile de se procurer des images. Les clichés d’Atget diffèrent singulièrement de ceux que ses confrères proposent aux touristes (et dont on peut se faire une idée à travers plusieurs albums disponibles dans Gallica). Ce sont, à proprement parler, des documents iconographiques, utiles, par exemple, aux historiens et érudits.
Si Atget a effectivement travaillé sur commande, les sujets photographiés manquaient peut-être à la documentation de son commanditaire. Il serait intéressant de traquer, dans les publications consacrées au patrimoine rouennais d’avant-guerre, d’éventuelles reproductions de ces clichés…
On peut distinguer deux groupes de sujets dans les photographies rouennaises d’Atget : l’architecture civile du XVIIe siècle d’une part, et les monuments médiévaux et renaissance de l’autre.

Eugène Atget, Rue Eau-de-Robec., 1907, Bibliothèque municipale de Rouen, Est. rec. m 171-49.

 

Ornements des XVIIe et XVIIIe siècles

Commençons par les hôtels particuliers du XVIIe siècle, un trésor que la plupart des habitants d’aujourd’hui ignorent. Ils sont pourtant encore nombreux dans la ville, notamment dans le quartier Saint-Patrice. Mais combien de guides touristiques conseillent de pousser la promenade jusqu’à la rue du Sacre, du Moulinet ou Saint-Patrice ? Au XVIIe siècle, ce coin de Rouen était très huppé et les familles les plus puissantes y ont fait bâtir de superbes hôtels, dont quelques-uns, rares il est vrai, présentent un plan « entre cour et jardin », à la mode parisienne.
À l’hôtel dit de Franquetôt, Atget photographie le mur extérieur et le portail, très orné. Plus bas, rue du Sacre, il photographie la façade au double portail de l’hôtel Bézuel, aussi connu sous le nom de Vilain. Ne pouvant entrer dans la cour pour photographier la façade de l’hôtel de Giancourt, rue Saint-Patrice, il monte à l’étage de la maison d’en face. Par-dessus le mur, les riches ornements de l’élévation se révèlent. Le promeneur, aujourd’hui, aimerait faire de même.
 

Dans le quartier Saint-Patrice, un édifice concentre toute son attention : l’hôtel d’Arras, auquel il consacre 5 photographies. Deux concernent la façade sur rue, les trois autres la façade sur cour. Le bâtiment abritant le lycée pour jeunes filles, l’accès au jardin a dû être facilité. Côté cour, le promeneur du XXIe siècle sera peut-être surpris de trouver les ouvertures plus étroites que du temps d’Atget : une restauration, au cours du siècle dernier, leur a redonné leur allure d’origine.
Partout dans Rouen, lorsque Atget photographie des monuments des XVIIe et XVIIIe siècles, c’est bien la richesse des décors sculptés qui semble l’intéresser. Mascarons, trophées, ferronneries, consoles ornées figurent sur presque tous les clichés.
 

 

Vieilles maisons et pans de bois : Rouen médiéval et renaissance

Si les trésors du Grand Siècle que conserve Rouen sont aujourd’hui pour la plupart ignorés des habitants et des touristes, les joyaux médiévaux et Renaissance, eux, sont bien mieux connus…

Eugène Atget, Impasse des Hauts-Mariages., 1907, Bibliothèque municipale de Rouen, Est. rec. m 171-48

Aussi, nous reconnaissons sans peine quelques silhouettes familières, comme celle de la « vieille maison » de la rue Saint Romain, de l’aître Saint-Maclou ou encore les profils pittoresques de l’impasse des Hauts-Mariages et de la célèbre rue Eau-de-Robec…
La rue Saint-Romain concentre à elle seule huit des clichés d’Atget : on y découvre la perspective sur la cour d’Albane, la fontaine adossée au mur d’enceinte de la cathédrale, et surtout la vieille maison toute trapue, photographiée à quatre reprises.

Pourquoi une telle couverture, pour une maison par ailleurs très présente dans l’iconographie pittoresque rouennaise ? Nombre de graveurs et de photographes ont enregistré sa silhouette singulière. Quel besoin avait Atget de produire de nouvelles images de cet édifice si connu ? Cette insistance est peut-être à mettre en relation avec les activités de la Société des Amis des Monuments Rouennais, qui venait de participer au sauvetage de ce monument, menacé vers 1900 par un projet d’élargissement de la rue.
Une attention particulière est également apportée à la maison qui lui fait face, au numéro 74 : là encore, le cliché est à mettre en relation avec les activités de la Société des Amis des Monuments rouennais, dont le vice-président, l’architecte Georges Ruel, venait d’achever la restauration de la façade en 1902.

 
Des maisons à pans de bois apparaissent encore dans le corpus : deux cours intérieures du quartier de Martinville ont été photographiées, ainsi que la façade d’une maison de la rue Molière.
 

 
À Saint-Maclou, Atget n’immortalise que les portes de bois sculpté, chef-d’œuvre de la Renaissance.
 

Eugène Atget, Eglise Saint-Maclou: vanteaux de la porte centrale du grand portail, façade ouest, 1907, Bibliothèque municipale de Rouen, Est. rec. m 171-29.

 

Rouen disparu

Chez lui, Atget photographie le Vieux Paris, dont une partie est condamnée à disparaître dans les travaux de modernisation… Est-ce également le cas à Rouen ? Nous venons de voir qu’il immortalise au contraire à plusieurs reprises des maisons récemment sauvées ou promises à la restauration. Peut-être sait-il (ou du moins son commanditaire) que certaines sont menacées démolition, comme l’hôtel de la rue Morand, qui disparaîtra en 1908. C’est aussi le cas du pavillon de musique de l’hôtel d’Hocqueville (XVIIIe siècle), vendu et démonté en 1910, dont on ignore encore aujourd’hui la localisation des maçonneries (les boiseries, elles, sont exposées au Musée de la Céramique depuis 1979).


Si bien des lieux photographiés ont disparu, ce n’est pas tant dû à l’appétit des démolisseurs du début du XXe siècle qu’aux terribles bombardements qu’a subis Rouen en 1940 et 1944. Aussi, la vision des clichés d’Atget ne peut qu’émouvoir les amoureux de la cité, qui y découvrent un tissu urbain irrémédiablement perdu… Plus personne ne peut admirer la belle console rocaille de la place de la Pucelle, ou encore les riches façades de la rue du Bac (ma photographie préférée de la série). Rue Saint-Lô, beaucoup ignorent que le fronton qui donne accès à l’Espace du Palais est le dernier vestige du bel hôtel particulier de la Première Présidence (logement du Président du Parlement de Normandie), incendié par les Allemands en août 1944.

Les habitués du café Le Son du Cor, rue Eau-de-Robec, savent-ils que le nom de leur troquet porte le souvenir de l’hôtel qui se dressait au même emplacement depuis le XVIe siècle, Au cor de chasse ? Son décor sculpté était très riche, mais malheureusement déjà endommagé en 1907.

Eugène Atget, Maison du Cor de Chasse: 223, rue Eau-de-Robec., 1907, Bibliothèque municipale de Rouen, Est. rec. m 171-28.

Rue Louis-Brune, se trouvait également une belle façade du XVIIe siècle. Les érudits locaux avaient beaucoup œuvré pour sa sauvegarde, puisqu’elle se dressait originellement rue aux Juifs. En 1895, lorsqu’on élargit cette artère, ses ornements furent démontés pour être remontés dans la rue Louis-Brune, nouvellement percée… Les bombes de 1940 eurent raison de ce bel effort patrimonial !

 

Visages de la cité

Si les photographies d’Atget apportent un précieux témoignage sur le patrimoine architectural, elles fournissent aussi, à nos yeux contemporains, le plaisir de découvrir le visage des habitants d’alors, le rythme quotidien de la cité, bien que le photographe semble souvent opérer au petit matin, avant que les commerçants ne déballent tous leurs marchandises.

Eugène Atget, Rue Eau-de-Robec., 1907, Bibliothèque municipale de Rouen, Est. rec. m 171-49.

Il y a le bourgeois barbu, dont nous avons déjà parlé, qui revient de cliché en cliché. Une autre silhouette semble aussi avoir accompagné Atget dans ses promenades rouennaises. Sa tenue est plus modeste… Est-il un ami de l’homme à la barbe ?
D’autres visages apparaissent : une marchande de légumes, qui pose fièrement devant sa marchandise. Regardez donc les beaux poireaux suspendus en bottes : on retrouve la même présentation, qui nous semble un peu incongrue, rue Malpalu. Dans cette rue, justement, deux ou trois hommes semblent affairés à monter l’étal — le marchand de légumes les a précédés. Dommage qu’on ne puisse lire l’enseigne…

Eugène Atget, Rouen, maison, 108 Rue Molière, 1905, Bibliothèque de l’Ecole des Beaux-Arts, NUM PH 1401.

 

Rue Saint-Patrice, un garçon a tenu à poser, fièrement, devant le portail.

 Eugène Atget, Hôtel d’Arras: 38, rue Saint-Patrice, 1907, Bibliothèque municipale de Rouen, Est. rec. m 171-08

Mais le visage le plus énigmatique et charmant, c’est celui de cette petite fille qui pose sagement devant l’antique porte de la place Eau-de-Robec, aujourd’hui Place du Lieutenant-Aubert…


Au fil des clichés, je me suis amusée à déchiffrer les devantures des magasins, les réclames peintes sur les murs, les affiches collées à la va-vite. Annuaires locaux et journaux délivrent parfois quelques informations supplémentaires.
Ainsi, dans le bel immeuble de la place de la Pucelle, bâti en 1745 par Lefriand, serrurier, comme l’indique la plaque au-dessus de la porte, se tenait la boutique d’A. Landreotta, fumiste, qui vendait donc des poêles et des fourneaux. On peut en apercevoir quelques-uns par la vitrine ouverte.
Au 223, rue Eau-de-Robec, on devine, à travers la vitrine, des boîtes et des bouteilles. Une inscription, au-dessus de la porte, annonce Eaux-de-vie et Liqueurs.
Rue du Sacre, il y avait un menuisier, appelé Duboc. Rue Malpalu, au fond d’une cour, se trouvait le bandagiste Le Normand et un G. Deshays, probablement serrurier (une clé figure sur la façade du 99). Au 30 rue Damiette, on pouvait acheter des statuettes en plâtre. La vitrine dévoile surtout des sujets religieux.

Rue Eau-de-Robec, Atget est venu trop tôt pour que l’on connaisse l’étal des différentes boutiques. Quelques inscriptions peintes nous indiquent la présence d’un marchand de Charbon, François Cachera, d’un ébéniste P. Cablain. Plus loin encore Dumont tient boutique. Des locaux sont à louer. J’attends avec impatience la numérisation des almanachs et annuaires rouennais du début du siècle pour en apprendre plus sur leurs commerces.


On remarquera que les riverains ont couvert la rivière d’estrades, qui facilite le déballage de la marchandise. Les teinturiers, déjà, ne sont plus. Remarquez-vous l’homme, qui attend l’embauche, allongé sur une brouette ?

 
Amis lecteurs, la prochaine fois que tu te promèneras dans Rouen, va donc marcher dans les pas d’Atget, photographier ce qu’il a, en son temps, photographié. Pense à ce Rouen disparu, et à ceux, qui, à leur tour, dans cent ans, alors que tu ne seras plus là, exploreront le passé de la cité.

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